Expatriation : l’accompagnement des conjoints, un bien nécessaire

 

vetta pse Note: The woman in the foreground is model-released.

Au cours d’une mission d’expatriation, les difficultés rencontrées par les cadres expatriés diffèrent de celles de leur conjointes (souvent les femmes, même si on assiste à une légère augmentation du nombre de conjoints accompagnants).

En effet, l’entreprise offre au salarié le cadre rassurant d’une culture organisationnelle qui lui est malgré tout familier. Et s’il ne fait pas l’effort de sortir de ce cadre, le salarié expatrié peut tout à fait rester hors des réalités de la culture d’accueil. Les interactions sociales se font avec les collègues et l’anglais étant la langue de travail dans une majorité d’entreprises, il n’est alors pas nécessaire pour lui d’apprendre la langue locale.

Pour la conjointe c’est une toute autre histoire…

Pour suivre son mari, elle a choisi de recommencer une nouvelle vie, loin de sa culture, de ses repères, de ses routines, de sa famille et de ses amis. Pour suivre son mari, elle a également mis sa carrière en veille. Tous ces changements, cette perte d’identité à la fois sociale et culturelle, la rendent plus vulnérable aux effets du choc culturel.

Plongée dans la réalité du quotidien dès le début de l’aventure, il lui appartient de remettre en place des activités pour elle et pour ses enfants, gérer les tâches quotidiennes et pour éviter de rester dans l’isolement le plus complet (surtout si elle ne maîtrise pas la langue du pays d’accueil), elle doit se chercher un réseau (nous verrons dans un prochain article pourquoi il est préférable d’éviter de ne fréquenter que les réseaux d’expat’).

Et ces nouveaux défis, elle doit les relever seule, son conjoint étant bien souvent très pris par sa nouvelle mission. Sans oublier que s’il y a des enfants, la femme d’expatrié doit gérer l’intégration et les doutes de ses enfants, en plus des siens. Nous l’aurons compris, elle ne va devoir compter que sur elle-même, déployer des efforts d’ingéniosité, et puiser au fond d’elle-même les ressources pour, bon an mal an, transformer la trame de cette nouvelle vie, en une aventure positive et enrichissante.

L’adaptation du conjoint est cruciale pour le succès de la mission d’expatriation

Lorsqu’un conjoint se trouve dans l’incapacité de trouver sa place dans la nouvelle organisation familiale, d’affronter l’inévitable choc culturel, d’exister socialement en l’absence d’une activité professionnelle, bref, lorsque le conjoint ne parvient pas à s’adapter, les conséquences ont un impact retentissant à la fois sur la famille et par ricochet, sur l’entreprise.

Plusieurs études portant sur les raisons de l’échec de l’expatriation mettent en avant l’influence du conjoint quant à la décision d’anticiper le retour dans le pays d’origine.

C’est pourquoi, les entreprises, qui commencent à prendre conscience de l’enjeu de l’expatriation en famille, sont de plus en plus nombreuses à mettre en place un accompagnement du conjoint. En effet, si la famille dans son ensemble est prise en charge, accompagnée sur le plan logistique mais aussi culturel, l’expatrié peut alors se concentrer sur sa mission.

Le rôle de la formation interculturelle pour les conjoints d’expatriés.

Ces formations ont pour objectifs de :

  • donner aux expatriés les compétences nécessaires pour se comporter d’une manière culturellement appropriée dans le pays d’accueil,
  • fournir les outils nécessaires pour faire face à l’imprévu, notamment dans la résolution des conflits,
  • les aider à formuler des attentes réalistes par rapport à la vie d’expatrié.

Il convient de souligner l’importance de ce dernier point. En effet, plus les attentes de l’individu seront en phase avec la réalité, plus grandes seront les chances de succès dans le processus d’adaptation, et plus forte sera la satisfaction personnelle retirée de l’expérience. Il serait en effet une erreur de croire que l’expérience en elle-même conduira les ajustements. Ce sont bel et bien les attentes qu’ont les futurs expatriés qui permettront ces ajustements le moment opportun.

De nombreuses études ont vérifié l’efficacité de la formation interculturelle qui fournit d’excellentes lignes directrices pour la préparation et l’intégration. En cas de frustration voire de dépression, cela permet de prendre du recul, re-orienter ses attentes et de modifier sa compréhension des scenarii futurs.

Il est clairement dans l’intérêt des sociétés de prendre en considération l’importance du soutien apporté aux conjoints des cadres expatriés.

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